Banc d'essai Naim Nova

Vendredi 6 octobre 2017

Protocole de test:
- B&W 805 D3
- Cable d’enceinte(s) Audioquest Castle Rock
- Lecteur réseau intégré à la machine

Repoussée depuis plusieurs mois, la sortie de la nouvelle gamme d’amplificateurs tout-en-un Naim Audio a animé le monde de la Hifi. Nous nous demandions si la marque, qui a donné ses lettres de noblesse aux éléments séparés, allait réussi son virage vers le tout-en-un numérique. Premiers éléments de réponse.

Première constatation en sortant l’appareil du carton: nous nous attentions à un appareil nettement plus imposant. Les premiers visuels laissaient présager un nouveau format dans les éléments hifi. Il s’avère que l’ampli est d’une dimension plutôt standard (43m de largeur) pour une profondeur assez réduite (26cm).
Sous le capot, on découvre une construction des plus sérieuses. Le circuit comprend des composants discrets de la plus haute qualité, un transformateur toroïdal particulièrement massif avec six enroulements séparés. Naim a su apprendre de ses erreurs et a revu intégralement la partie connectée par rapport à l’ancienne série « Uniti ». Le tout nouveau module de streaming NP800 développer en interne par Naim est des plus réussis. Nous avons d’ailleurs particulièrement apprécié la connectivité GoogleCast, qui offre les même possibilité(s) qu’une Chromecast audio. On peut donc streamer très facilement ses services de musiques en ligne favoris sans difficulté et sans utiliser d’application tierce. On appréciera également la qualité de connexion qui permet le streaming jusqu’en 24 bits pour 96kHz.

Il est assez clair que pour des raisons de stabilité et de qualité, nous privilégions les applications de constructeurs qui embarquent nativement des players vers des services tels que Qobuz et Tidal. Bien souvent, leur ergonomie n’est pas au rendez-vous. Le Naim Nova nous a prouvé qu’il était possible d’avoir les avantages de l’application Qobuz et son ergonomie à toute épreuve sans avoir les inconvénients qualitatifs inhérents aux normes Airplay ou Bluetooth APT-X. Nous n’avons pas eu l’occasion de tester la stabilité du streaming GoogleCast en multiroom sur d’autres appareils Naim en même temps.

En ce qui concerne les connectiques, nous avons l’embarras du choix: Des entrées numériques en pagaille, 2 entrées Toslink (24bits/96kHz), 2 entrées Coaxiales numériques (24bits/192kHz & DSD64 DoP), un HDMI ARC (pour sortir le son d’un téléviseur via la prise HDMI). On retrouvera également des entrées plus anecdotiques telles qu’une entrée numérique BNC ou 2 entrées stéréo analogique DIN. - Naim étant aujourd’hui le dernier grand défenseur de cette connectique -

L’appareil est particulièrement bien fini, on notera le soin apporté à la télécommande qui nous donne un retour d’information, notamment du volume via une roue crantée. On constatera que l’on peut facilement régler le dimmer du rétro-éclairage de la façade de l’appareil. On pourra également choisir si l’on veut que l’appareil soit discret dans un meuble ou visible sur une console.

Le test

Leonard Cohen - You Want It Darker
La première constatation est la qualité de l’image de stéréo. En fermant les yeux, on s’imagine immédiatement Leonard Cohen nous susurrant à l’oreille avec sa voix caverneuse au timbre si unique. On obtient un très bel équilibre entre la ligne de basse, la batterie très discrète, l’orgue et le choeur qui remplissent la salle. On se croirait à l’église écoutant le prêche de Monseigneur Cohen. Amen.

Oren Lavie - Did You Really Say No
Encore une fois, on constatera la précision et le naturel de l’image stéréo. Dès les premières notes, on entend très distinctement les notes aiguës du piano se promener de droite à gauche. On notera également la retranscription parfaite des jeux harmoniques entre les deux voix. l’ensemble est assez naturel et homogène.

Rone - Quitter la Ville (Avec François Marry)
Malgré une amplification relativement faible sur le papier (2x80Watt) et une paire d’enceintes compactes, les fréquences très basses du morceau sont retranscrites avec brio. Naim nous prouve une fois de plus que ce n’est pas la taille qui compte, mais ce que l’on en fait. On retrouve donc les sublimes volutes de basses au milieu d’une infinité d’harmonies qui volent un peu partout dans la stéréophonie tel le bouquet final d’un feu d’artifice. Le voix de François Marry en plein milieu du spectre donne la sensation d’être en lévitation auprès de ces sons synthétiques particulièrement chatoyants. Une véritable merveille !

Andy Sauf - I’m not Falling Asleep
Le mariage Naim & B&W nous prouve une fois de plus qu’il est particulièrement performant sur le registre folk. Des détails ressortent avec une clarté incomparable. On remarquera la beauté de la section cuivre. Le système fait particulièrement ressortir l’articulation du piano et de la guitare. Sublime.

En bref, nous avons beaucoup aimé le Nova. Que les choses soient claires: Naim frappe un grand coup avec ce nouveau tout-en-un. Si on doit le comparer aux amplificateurs intégrés « classiques » de la maison Naim, ses performances sont semblables à la dernière mouture du Supernait 2 !
Nous avons été frappé par la qualité de restitution de timbres et la qualité de l’image stéréo. Nous retrouvons tout ce qui nous faisait craquer sur les anciennes gammes, les connectiques modernes en plus. L’amplificateur est capable de mettre en valeur des enceintes aussi complexes et riches que les 805 D3. À tester d’urgence.

Prix: 4999€

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